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El Dorado

Définition

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 01 avril 2014
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Texte original en Anglais : El Dorado

Muisca Tunjo (by Ignacio Perez, CC BY-NC-SA)
Muisca Tunjo
by Ignacio Perez (CC BY-NC-SA)

El Dorado (« Homme doré » ou « Celui en or ») faisait référence aux rois légendaires des Muiscas (ou Chibchas) qui peuplaient les Andes septentrionales de la Colombie moderne de 600 à 1600 EC, et le nom est particulièrement associé à leur rituel de couronnement organisé sur le lac Guatavita, juste au nord de Bogota. Au fil du temps, ke sens de El Dorado s'est élargi pour en arriver à se référer à une ville dorée perdue et même à une région toute entière. Quand les conquistadors espagnols entendirent ces incroyables contes d'une ville pavée d'or, ils se donnèrent tous les moyens possibles pour la trouver. Mais au final, ni les Espagnols, ni les explorateurs et autres chasseurs de trésors qui leur succédèrent, personne ne trouva jamais les fabuleux trésors d'El Dorado.

L'importance de l'or

Dans les cultures de la Colombie antique, l'or était depuis longtemps un matériau populaire pour les forgerons. En fait, le métal n'avait pas de valeur particulière en tant que monnaie autre que comme matière première pour l'échange et, en fait, il semble que, contrairement à d'autres cultures américaines, l'or n'était pas limité à la noblesse, mais aussi détenu par des couches inférieures de la société. Plutôt que sa valeur intrinsèque, l'or était alors estimé en raison de son éclat, de son incorruptibilité, de ses associations spirituelles (surtout en ce qui concerne le soleil) et de sa malléabilité entre les mains des artisans. Des artisans muiscas habiles produisirent des œuvres d'art époustouflantes en utilisant toute la gamme du répertoire de l'orfèvre, en particulier la technique de la cire perdue.

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Des œuvres d'or et d'alliage d'or étaient offertes en grande quantité aux dieux et enterrées dans des lieux sacrés afin de maintenir l'équilibre du cosmos et d'éviter les catastrophes naturelles. Très souvent, les offrandes étaient des figurines connues sous le nom de tunjos qui représentaient dans les moindres détails des personnes portant des objets tels que des boucliers, des armes et des instruments de musique. L'exemple le plus célèbre de tunjo est un radeau en or avec des figurines moulées portant sur elles des bijoux, dont la signification est discutée ci-dessous. Le radeau fut trouvé dans un réceptacle d'argile à l'intérieur d'une grotte et il réside maintenant au Museo del Oro à Bogota.

Les Muiscas estimaient l'or en raison de son éclat, de son incorruptibilité et de son association avec le soleil.

Assoiffé de richesses, le gouvernement espagnol avait pour objectif officiel d'explorer le nord de l'Amérique du Sud, afin d'y trouver de l'or, de le faire fondre et d'en expédier la plus grande quantité possible en Europe. L'association entre la Colombie antique et le métal précieux se reflète davantage dans le choix du nom du roi d'Espagne pour son nouveau territoire : Castillo del Oro. De toutes les histoires d'or et d'émeraudes dispersés à travers la Colombie antique, il y avait un conte particulier qui avait particulièrement suscité l'intérêt des envahisseurs espagnols. Il s'agissait d'un récit, rapporté par des témoins oculaires, qui concernait les cérémonies somptueuses effectuées pendant le couronnement d'un roi muisca.

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L'homme doré

La légende d'El Dorado apparaît dans la plupart des récits espagnols de la conquête de la région, comme Historia general y natural de las Indias de Fernández de Oviedo (1535-1548 EC), mais fut plus tard documentée en détail par Juan Rodriguez Freyle en 1636, qui prétendait avoir été informé des détails par le neveu du dernier dirigeant de Guatavita. L'une des plus anciennes représentations artistiques de la légende provient d'une gravure de 1599 EC, réalisée par Theodor de Bry, qui montre deux préposés appliquant de l'or sur le corps d'un troisième individu.

Lake Guatavita, Colombia
Lake Guatavita, Colombia
by Miguel Angel Riaño (CC BY-NC-ND)

Selon la légende, chez les Muiscas, quand il était nécessaire de couronner un nouveau monarque, l'homme qui serait roi se préparait pour son grand jour avec une période d'abstinence. Isolé dans une grotte, il était privé de piments, de sel et de femmes. Lorsque le jour du couronnement arrivait enfin, le futur roi se rendait au lac Guatavita, un lac isolé formé dans un cratère volcanique éteint, afin de donner des offrandes aux dieux afin qu'ils puissent bénir son règne. Il le faisait en se rendant au centre du lac sur un radeau. Le radeau, fabriqué à partir de roseaux, était chargé de trésors d'or et d'émeraudes et de quatre grands brûleurs d'encens. L'encens était du moque et les braseros, avec ceux installés autour des rives du lac, dégageaient des nuages de fumée épaisse qui ne pouvaient qu'ajouter au mysticisme de la cérémonie.

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Le trésor le plus fantastique de tous, cependant, était le roi lui-même. Il avait été complètement déshabillé et recouvert d'une couche collante de résine sur laquelle avait été soufflée une fine poussière d'or. Le résultat était un homme étincelant d'or, littéralement un « homme doré ». Il y avait aussi quatre accompagnateurs qui voyageaient sur le radeau, moins spectaculairement parés, mais qui étaient aussi couverts de lourds bijoux en or partout où l'on pouvait en mettre. Le grand moment fut venu où, accompagné de trompettes et de chants depuis la rive, le radeau arriva au centre même du lac. À ce moment-là, le silence tomba sur la foule et les accompagnateurs jetèrent dans le lac le fabuleux trésor d'or et de joyaux et les gens sur les rives jetèrent aussi leurs offrandes d'or dans les eaux sacrées. Le point culminant de la cérémonie arriva lorsque le roi d'or lui-même sauta dans le lac et quand il émergea a nouveau, nettoyé de tout son or, il était devenu le roi des Muiscas.

Histoire récente

De Sir Walter Raleigh aux explorateurs du XXe siècle, des expéditions extravagantes et coûteuses pour trouver El Dorado et ses richesses ont été organisées au fil des siècles, mais aucune n'a eu de succès. Dans les années 1580, Antonio de Sepúlveda avait peut-être le plan le plus ambitieux pour trouver l'or lorsqu'il découpa une tranche du bord du cratère du lac Guatavita afin de drainer le lac et de trouver le trésor qui devait s'accumuler au fond du lac après des siècles de cérémonies de couronnement. Certains objects en or furent retrouvés sur les bords du lac, mais avant que le lac ne puisse s'écouler complètement, un glissement de terrain bloqua l'entaille et le niveau d'eau du lac recommença à augmenter. Face à une mutinerie de la population locale, les Espagnols furent contraints d'abandonner leur recherche.

Une autre expédition ambitieuse en 1909 EC, impliqua la société anglaise Contracter Limited. Ils tentèrent également de drainer le lac et ils eurent plus de succès que les Espagnols. Cette fois-ci, la méthode consistait à creuser un tunnel sous le lac et à le drainer de cette façon. Cependant, lorsque le lac fut vidé, un autre problème se posa: le fond boueux et mou du cratère était trop profond pour supporter quelque poids que ce soit. Pire encore, la boue sécha rapidement au soleil et devint aussi dure que du ciment. De retour à Bogota pour y acheter du matériel de forage, les chasseurs de trésors ont dut tombé de haut quand ils sont revenus au lac parce qu'en leur absence, la boue s'était également solidifiée dans le tunnel de drainage, le bloquant de sorte que le lac s'était rerempli. Sans aucun argent pour poursuivre le projet, les Anglais, comme les Espagnols et d'innombrables autres avant eux, furent contraints d'abandonner le projet avec seulement une poignée de petits bibelots ramassés sur les bords du lac.

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Les résultats de ces expéditions furent donc extrêmement décevants. Un peu d'or fut retrouvé, tout comme quelques pierres précieuses et de la poterie, mais rien, jusqu'à présent, ne correspondant aux fabuleuses richesses décrites dans la légende d'El Dorado. Peut-être, cependant, cela est-il plus juste car, après tout, les propriétaires originels de cet or et de ces bijoux avaient fait leurs offrandes au soleil et de sorte qu'elles restent là où elles avaient été faites, à jamais, au fond d'un lac, dans les montagnes, au fin fond de la Colombie.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark is a history writer based in Italy. His special interests include pottery, architecture, world mythology and discovering the ideas that all civilizations share in common. He holds an MA in Political Philosophy and is the Publishing Director at AHE.