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Byblos

Définition

Joshua J. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 02 septembre 2009
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Texte original en Anglais : Byblos

Temple of the Obelisks (by Satak Lord, CC BY-SA)
Temple of the Obelisks
by Satak Lord (CC BY-SA)

Byblos était l’ancienne ville portuaire phénicienne de Gebal (appelée Byblos par les Grecs) sur la côte de la mer Méditerranée dans ce qui est, aujourd’hui, le Liban. Selon l’historien Durant, « Byblos se croyait la plus ancienne de toutes les villes; le dieu El l’avait fondée au début des temps, et jusqu’à la fin de son histoire elle demeura la capitale religieuse de la Phénicie. » Vu que le papyrus était l’un des principaux articles de son commerce, les Grecs prirent le nom de la ville comme substantif pour désigner le livre - biblos - et de leur mot pour les livres nommèrent la Bible - ta biblia - qui signifie 'les livres'. Byblos figure parmi les villes candidates à la distinction de "ville la plus ancienne du monde" puisqu’elle est habitée en continu depuis plus de 7000 ans. Byblos est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Origines

LES éGYPTIENS  INONDèrent BYBLOS DE RICHESSES MATÉRIELLES MAIS AUSSI D’ASPECTS DE LEUR CULTURE ET DE LEUR RELIGION.

La ville vit le jour comme petit village de pêcheurs appelé Gubal ou Gebal tandis que la région côtière de la zone, que les Grecs appellèrent Phénicie, était connue de ses habitants comme Canaan. En 3000 AEC, le petit village était devenu une ville prospère grâce au commerce. Les cèdres du Liban étaient très prisés internationalement pour leur utilisation dans la construction, et Byblos était devenu le port d’expédition de bois le plus important que ce soit vers l'Egypte ou ailleurs. Byblos fut aussi la première ville à perfectionner la construction navale, et c’est en grande partie grâce au talent des armateurs de Byblos que les Phéniciens acquirent leur renommée de marins et "princes de la mer" (ainsi mentionnés dans le livre biblique d’Ezéchiel). C’est principalement par le commerce avec l’Egypte que Byblos devint si incroyablement riche. Les Egyptiens inondèrent Byblos de richesses matérielles mais aussi d’aspects de leur culture et de la religion égyptienne.

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Dans la mythologie égyptienne, Byblos est citée comme la ville où Isis retrouva le corps défunt de son mari Osiris dans le tronc d’un arbre qui avait poussé autour de lui après avoir été tué par son frère Set. Les Phéniciens de Byblos exportèrent également leurs propres contes concernant la religion phénicienne, et on pense que les histoires sur la guerre dans les cieux et sur une bataille éternelle entre un grand dieu du bien et une autre divinité du mal sont nées des mythes phéniciens concernant la guerre éternelle entre Baal (dieu du ciel) et Yamm (dieu de la mer). Ce mythe pourrait provenir du conte égyptien de la guerre entre le fils d’Osiris Horus et le dieu sombre Set ou le transfert put avoir lieu des Phéniciens aux Egyptiens. Le récit de la guerre céleste relaté dans le livre biblique de l’Apocalypse présente de nombreuses similitudes avec ces deux mythes beaucoup plus anciens, de même qu’il existe de nombreux motifs dans la Bible empruntés par les scribes qui l’ont écrite à partir de récits antérieurs provenant d’autres cultures. Les liens entre l’Egypte et Byblos étaient si étroits que certains historiens et savants affirmèrent que Byblos était pratiquement une colonie égyptienne.

Map of Phoenicia
Map of Phoenicia
by Wikipedia user Kordas, based on Alvaro's work (CC BY-SA)

La Byblos amorite, hyksôs et phénicienne

Les Amorites brûlèrent la ville lors de leur invasion en 2150 AEC. Après avoir soumis la population, ils reconstruisirent et s’installèrent dans la région. Leur contrôle de la région prit fin en 1725 AEC avec l’invasion par le peuple Hyksôs qui régna jusqu’à ce qu’ils ne soient à leur tour chassés par les Egyptiens en 1580 AEC. Les Egyptiens revendiquèrent alors la côte du Canaan.

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C’est pendant la période de l’occupation égyptienne que la culture phénicienne développa sans doute sa contribution la plus importante au monde : son alphabet de 22 caractères qui remplaça le cunéiforme dans la communication écrite. Grâce au commerce, l’alphabet phénicien voyagea d’abord en Grèce autour de 800 AEC, puis se propagea à d’autres pays à travers les marchands grecs.

Déclin de Byblos

Entre 1100 et 725 AEC Byblos perdit en importance alors que sa ville sœur, Tyr, elle, prospéra. Après la conquête de la région par Alexandre le Grand et la destruction de Tyr en 332 AEC, Byblos prospéra de nouveau et devint complètement hellénisée, adoptant la culture grecque, sa mode et sa langue. Au cours de la période hellénistique (330-64 AEC) Byblos devint célèbre pour sa production de papyrus qui lui donnerait son nom grec. En 64 AEC, la région fut conquise par le général romain Pompée le Grand et continua son existence comme colonie romaine de 64 AEC à 395 EC. Les Romains, comme d’habitude, améliorèrent la ville qu’ils trouvèrent, mettant de l'ordre dans les rues et construisant de grands temples, des bains romains et des jardins civiques.

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Après la chute de l’Empire romain, l’Empire byzantin contrôla Byblos de 395 à 637 EC jusqu'à ce que les envahisseurs arabes musulmans ne prirent la région et en chassèrent les Byzantins. Sous la domination musulmane, Byblos perdit constamment de sa richesse et de son importance. Dès lors connue sous le nom de Jbail, les musulmans la considérèrent de si peu d’importance qu’ils ne prirent même pas la peine de reconstruire les défenses qu’ils avaient détruites en prenant la ville. Le grand port fut pratiquement ignoré pendant des siècles et fut une cible facile pour les envahisseurs croisés en 1098 EC pendant la première croisade. Une fois que les croisés en furent chassés, les dirigeants musulmans continuèrent à négliger la ville, se concentrant plus sur l'affirmation de leur pouvoir à l’intérieur des terres. Byblos fut oubliée pendant des siècles jusqu’à ce que les fouilles archéologiques de l’historien français Ernest Renan ne ramène la ville à la lumière en 1860.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
A freelance writer and former part-time Professor of Philosophy at Marist College, New York, Joshua J. Mark has lived in Greece and Germany and traveled through Egypt. He has taught history, writing, literature, and philosophy at the college level.